Ulrike Weiss est céramiste. Elle fabrique des objets fonctionnels et décoratifs centrés sur le travail de la texture grâce à la technique du moulage. À cheval entre l’artisanat et le domaine industriel, ses créations questionnent le rapport entre le métier d’art et le design.
Elle est notre coup de coeur de la Paris Design Week 2026.

Une berlinoise à Paris
Originaire de Berlin, Ulrike utilise le moulage pour créer des éléments utilitaires ou décoratifs. Contenants, horloges, tableaux et agencements muraux, ses créations jouent sur la couleur ainsi que sur la matière et se situent à la croisée du design et de l’artisanat.
« Après mes études à l’École Duperré, je voulais faire du moulage. C’est une technique industrielle qui ne faisait pas consensus au départ dans le milieu de l’artisanat, plus particulièrement dans celui de la céramique. ».
Installée à Paris depuis 1991, elle travaille dans son atelier situé dans un immeuble entièrement rénové par la Ville de Paris devenu depuis La Cité des Taillandiers. L’endroit accueille une vingtaine d’artisans d’art et de designers. « Il y a dans cette cité artisanale une volonté de mélanger les domaines. Nous collaborons ensemble, artisans et designers. La curiosité existe des deux côtés ».


Mais alors, est-ce que l’artisanat et le design sont compatibles ? Une question centrale dans le travail d’Ulrike qui interroge les deux domaines, l’un reposant sur le savoir-faire manuel, l’autre sur la fabrication industrielle. « J’ai toujours été attirée par le design. J’exposais d’ailleurs depuis mes débuts dans cette catégorie et non dans celle de l’artisanat du fait de ma technique ».
Depuis son apparition, le design répond aux exigences de la production industrielle d’où il provient. Cependant, depuis récemment, on observe une évolution, en particulier dans la décoration intérieure qui voit apparaitre des objets faits-main, plus naturels et authentiques. Le bois, la céramique et les textiles naturels sont d’avantage recherchés pour une décoration axée sur la quête de sens et d’émotions.
Un constat perçu également par Ulrike. « Le domaine du design s’ouvre à mon grand plaisir depuis quelques années. Le fait-main et le côté individuel de l’objet intéresse de plus en plus. Cette année d’ailleurs, au salon Maison et Objet à Paris, l’espace tendance était axé sur les matières avec notamment la présence importante du secteur du Craft (métiers d’art). Et pendant la Design Week, nous avons eu beaucoup de monde à la Cité des Taillandiers ».
Géométries murales
Le travail d’Ulrike a lui aussi évolué. Elle qui était jusqu’à présent attirée par le côté utilitaire des objets, s’oriente vers la sculpture murale. « Mes oeuvres de géométrie murale s’inscrivent dans la continuité logique de mon parcours ». Elle assemble des éléments moulés reproduits précisément, dont la matière, les couleurs et la forme viennent dialoguer. « J’aime ce contraste qui crée l’objet. Je travaille avec de la faïence moulée. Les différents éléments en faïence sont revêtus d’émaux aux nuances multiples qui composent ensemble la sculpture murale ».
Avec leur côté décoratif et leur démarche de reproduction, les nouvelles géométries murales d’Ulrike se situent à la croisée du design et de l’art. Elles intéressent jusqu’aux industriels. « On m’a proposé des collaborations, car mes modèles peuvent être reproduits grâce au moulage et à leurs formes ».


Crédits photos : David Santini / Sarah Lesellier / Ulrike Weiss







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